Studens Fiches pratiques BTS NDRC — E3
BTS NDRC Epreuve E3 Coef 3 18 fiches

Culture economique, juridique
et manageriale

Toutes les fiches pratiques pour preparer l'epreuve E3 du BTS NDRC. 6 themes, 18 chapitres : de l'environnement de l'entreprise aux choix strategiques et au financement.

JP
Jonathan Payet
Formateur Euridis

Theme 1 — L'integration de l'entreprise dans son environnement

Fiches 1 a 3. Formes d'entreprises, environnement micro/macro et parties prenantes.

1

Les differentes formes d'entreprises et leurs finalites

Concepts cles

Entreprise
Organisation qui combine des ressources (humaines, financieres, materielles) pour produire des biens ou services destines a etre vendus sur un marche, dans le but de creer de la valeur.
Finalites de l'entreprise
Raisons d'etre : finalite lucrative (profit), finalite sociale (emploi, conditions de travail), finalite societale (RSE, impact environnemental). Les finalites varient selon le type d'entreprise.
Statut juridique
Forme legale de l'entreprise qui determine la responsabilite des associes, le regime fiscal et le mode de gouvernance. Principaux : EI, EURL, SARL, SAS, SA.
Economie Sociale et Solidaire (ESS)
Secteur regroupant cooperatives, mutuelles, associations et fondations. Finalite sociale ou d'utilite publique, gouvernance democratique, lucrativite limitee.
Secteurs d'activite
Classification de l'activite economique : primaire (agriculture, extraction), secondaire (industrie, construction), tertiaire (services, commerce). La France est dominee par le tertiaire (80% du PIB).

Points essentiels

  • Entreprise individuelle (EI) : 1 seul dirigeant, pas de capital minimum, patrimoine personnel et professionnel separes depuis 2022 (loi en faveur de l'activite professionnelle independante)
  • SARL : 2 a 100 associes, responsabilite limitee aux apports, capital libre, gerant(s) nomme(s). Adaptee aux PME familiales
  • SAS/SASU : grande liberte statutaire, responsabilite limitee, president obligatoire. Tres populaire pour les start-ups et projets innovants
  • SA : minimum 2 actionnaires (7 si cotee), capital min 37 000 EUR, conseil d'administration. Pour les grandes entreprises
  • Difference privee/publique : entreprise privee (capitaux prives, objectif de profit) vs entreprise publique (capitaux de l'Etat ou collectivites, objectif de service public)
  • Finalite vs objectif : la finalite est la raison d'etre (long terme), l'objectif est un but precis et mesurable (court/moyen terme). Ex : finalite = satisfaire les clients, objectif = augmenter le NPS de 10 points en 1 an
  • Classification par taille : micro-entreprise (< 10 sal.), PME (10-249 sal.), ETI (250-4999 sal.), grande entreprise (5000+ sal.). 99,9% des entreprises francaises sont des PME
  • Les organisations non lucratives : associations (loi 1901), fondations, syndicats, ONG. Objectif : interet general, pas de distribution de benefices aux membres
Exemple — Cas pratique

Comparaison : une boulangerie artisanale (EI, 1 boulanger, finalite = vivre de son metier) vs Decathlon (SA, 100 000+ salaries, finalite = rendre le sport accessible a tous). Les deux creent de la valeur mais avec des structures, des finalites et des responsabilites tres differentes.

Valeur ajoutee (VA) = Chiffre d'affaires - Consommations intermediaires
Taux de marge = (EBE / VA) x 100
Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 3 grandes finalites d'une entreprise ?
  2. Quelle difference entre SARL et SAS en termes de gouvernance ?
  3. Qu'est-ce que l'ESS et quels types d'organisations en font partie ?
  4. Comment classe-t-on les entreprises par taille en France ?
Conseil examen

A l'examen CEJM, on vous donnera un dossier documentaire sur une entreprise. Commencez toujours par identifier : sa forme juridique, sa taille, son secteur d'activite et ses finalites. Cela structure votre analyse et montre que vous maitrisez les bases.

2

L'environnement de l'entreprise (micro et macro)

Concepts cles

Micro-environnement
Acteurs proches qui influencent directement l'entreprise : clients, fournisseurs, concurrents, intermediaires, prescripteurs. L'entreprise peut agir sur son micro-environnement.
Macro-environnement
Facteurs globaux qui s'imposent a l'entreprise : Politique, Economique, Socioculturel, Technologique, Ecologique, Legal (PESTEL). L'entreprise les subit et doit s'y adapter.
Analyse PESTEL
Outil d'analyse du macro-environnement. P : stabilite politique, fiscalite. E : croissance, inflation, chomage. S : demographie, modes de vie. T : innovations, digitalisation. E : normes environnementales. L : lois, reglementations.
Parties prenantes (stakeholders)
Tous les acteurs qui ont un interet dans l'entreprise : actionnaires, salaries, clients, fournisseurs, banques, Etat, collectivites locales, associations, medias. Leurs interets peuvent converger ou diverger.
Veille strategique
Surveillance continue et organisee de l'environnement pour anticiper les evolutions : veille concurrentielle, technologique, juridique, societale. Permet a l'entreprise de reagir proactivement.

Points essentiels

  • Les 5 forces de Porter : intensite concurrentielle, pouvoir de negociation des clients, pouvoir des fournisseurs, menace des substituts, menace des nouveaux entrants. Permet d'evaluer l'attractivite d'un secteur
  • Analyse SWOT : croise l'analyse interne (Forces/Faiblesses) et externe (Opportunites/Menaces). Synthese de l'analyse PESTEL + analyse interne. Outil strategique fondamental
  • Theorie des parties prenantes (Freeman) : l'entreprise ne doit pas servir uniquement les actionnaires mais equilibrer les interets de toutes les parties prenantes
  • Externalites : effets positifs (creation d'emplois, innovation) ou negatifs (pollution, bruit) de l'activite de l'entreprise sur son environnement sans compensation financiere
  • RSE (Responsabilite Societale de l'Entreprise) : integration volontaire des preoccupations sociales et environnementales dans les activites commerciales. Norme ISO 26000
  • Developpement durable : modele de developpement qui repond aux besoins du present sans compromettre ceux des generations futures. 3 piliers : economique, social, environnemental
  • Mondialisation : interdependance croissante des economies (echanges commerciaux, flux financiers, mobilite). Opportunites (nouveaux marches) et menaces (concurrence accrue) pour les entreprises
  • Transition ecologique : evolution vers un modele economique plus respectueux de l'environnement : economie circulaire, energies renouvelables, reduction des dechets. Contrainte ET opportunite pour les entreprises
Exemple — Cas pratique

Analyse PESTEL pour un constructeur automobile francais : P (normes Euro 7, subventions vehicules electriques), E (inflation des matieres premieres, taux d'interet eleves), S (engouement pour la mobilite douce, vieillissement de la population), T (voiture autonome, batterie solide), E (interdiction moteurs thermiques 2035), L (bonus/malus ecologique, ZFE). Conclusion : virage obligatoire vers l'electrique.

Taux de croissance du PIB = ((PIB annee N - PIB annee N-1) / PIB annee N-1) x 100
Taux d'inflation = ((IPC annee N - IPC annee N-1) / IPC annee N-1) x 100
Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 6 dimensions de l'analyse PESTEL ? Donnez un exemple pour chacune.
  2. Quelles sont les 5 forces de Porter et a quoi servent-elles ?
  3. Qu'est-ce qu'une externalite negative ? Donnez un exemple concret.
  4. Comment l'entreprise peut-elle integrer le developpement durable dans sa strategie ?
Conseil examen

L'analyse PESTEL est l'outil le plus demande en CEJM. Structurez votre reponse en un tableau 6 colonnes et illustrez CHAQUE dimension avec un fait concret tire du dossier documentaire. Ne vous contentez pas de lister : analysez l'impact sur l'entreprise etudiee.

3

Les relations entre l'entreprise et ses parties prenantes

Concepts cles

Contrat
Convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent envers une ou plusieurs autres a donner, faire ou ne pas faire quelque chose (Code civil, art. 1101). Pilier des relations d'affaires.
Gouvernance d'entreprise
Ensemble des regles et processus par lesquels l'entreprise est dirigee et controlee. Repartition du pouvoir entre dirigeants, actionnaires, salaries et autres parties prenantes.
Responsabilite contractuelle
Obligation de reparer le dommage cause par la mauvaise execution ou l'inexecution d'un contrat. Conditions : fait generateur, prejudice, lien de causalite.
Negociation collective
Processus de discussion entre employeur(s) et syndicats de salaries pour definir les conditions de travail et d'emploi. Aboutit a des conventions ou accords collectifs.

Points essentiels

  • Conditions de validite d'un contrat : consentement libre et eclaire, capacite juridique, contenu licite et certain, cause licite. Si une condition manque = contrat nul
  • Types de contrats : contrat de vente, contrat de travail, contrat de prestation de services, contrat de bail, contrat d'assurance. Chacun a un regime juridique specifique
  • Obligations contractuelles : obligation de moyens (faire de son mieux, ex : medecin) vs obligation de resultat (atteindre le resultat promis, ex : transporteur)
  • Relations avec les fournisseurs : negociation des conditions (prix, delai, qualite), contrats-cadre, partenariats strategiques, dependance economique (risque si 1 seul fournisseur)
  • Relations avec les clients : droit de la consommation (information, retractation, garanties), protection des donnees personnelles (RGPD), service apres-vente, mediation
  • Relations avec les salaries : contrat de travail (CDI, CDD, interim), conventions collectives, dialogue social (CSE, syndicats), droit de greve, obligation de securite
  • Relations avec l'Etat : fiscalite (IS, TVA, CFE), cotisations sociales, subventions et aides, reglementation sectorielle, controles (URSSAF, inspection du travail)
  • Conflits et resolution : negociation directe, mediation, conciliation, arbitrage, recours judiciaire (tribunal de commerce, conseil de prud'hommes). Privilegier les modes amiables
Exemple — Cas pratique

Un restaurant signe un contrat-cadre avec un fournisseur de produits frais : livraison 3 fois/semaine, prix fixes pour 6 mois, penalites en cas de retard, clause de resiliation avec preavis de 3 mois. Avantages : securite d'approvisionnement, prix stables. Risques : dependance a un seul fournisseur, manque de flexibilite si le marche evolue.

Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 4 conditions de validite d'un contrat ?
  2. Quelle est la difference entre obligation de moyens et obligation de resultat ?
  3. Citez 3 modes de resolution des conflits commerciaux.
  4. Quel est le role du CSE dans le dialogue social en entreprise ?
Conseil examen

En CEJM, les questions juridiques portent souvent sur l'analyse d'un contrat ou d'un litige. Utilisez toujours le raisonnement juridique : 1) Identifier le probleme de droit, 2) Citer la regle applicable (article de loi, principe), 3) Appliquer au cas concret, 4) Conclure. Cette methode est tres valorisee par les correcteurs.

Theme 2 — La regulation de l'activite economique

Fiches 4 a 6. Role de l'Etat, fonctionnement des marches et droit de la concurrence.

4

Le role de l'Etat dans la regulation economique

Concepts cles

Regulation economique
Ensemble des mecanismes par lesquels l'Etat intervient dans l'economie pour corriger les defaillances du marche, assurer la stabilite et garantir l'interet general.
Politique economique
Ensemble des decisions et actions de l'Etat pour atteindre des objectifs economiques. Deux grands types : politique budgetaire (depenses et recettes publiques) et politique monetaire (taux d'interet, masse monetaire).
Carre magique de Kaldor
Les 4 objectifs de la politique economique : croissance du PIB, plein emploi (chomage faible), stabilite des prix (inflation faible), equilibre de la balance commerciale.
Politique budgetaire
Utilisation du budget de l'Etat (recettes fiscales et depenses publiques) pour stimuler ou freiner l'activite economique. Politique de relance (augmentation des depenses) ou politique d'austerite (reduction du deficit).
Politique monetaire
Menee par la BCE en zone euro. Outil principal : le taux directeur. Un taux bas stimule le credit et l'investissement ; un taux eleve freine l'inflation mais ralentit la croissance.

Points essentiels

  • Les 3 fonctions de l'Etat (Musgrave) : allocation (biens publics, infrastructures), redistribution (impots, prestations sociales), stabilisation (conjoncture economique)
  • Defaillances du marche : biens publics (non-excluables, non-rivaux), externalites (pollution), asymetries d'information, monopoles naturels. L'Etat intervient pour les corriger
  • Budget de l'Etat : recettes (impots, taxes, cotisations) et depenses (education, sante, defense, social). Si depenses > recettes = deficit budgetaire. Cumul des deficits = dette publique
  • Redistribution : redistribution verticale (des riches vers les pauvres via impots progressifs et prestations sociales) et horizontale (entre generations, entre bien-portants et malades)
  • Protection sociale : Securite sociale (maladie, retraite, famille, accidents), assurance chomage, minima sociaux (RSA, AAH). Financee par les cotisations et la CSG
  • Zone euro et BCE : 20 pays partagent l'euro. La BCE fixe la politique monetaire commune. Les Etats conservent la politique budgetaire (mais encadree par le Pacte de stabilite : deficit < 3% du PIB)
  • Politique de l'offre vs de la demande : offre = favoriser les entreprises (baisser les charges, flexibilite) ; demande = soutenir la consommation (aides, hausse du SMIC). Debat economique majeur
  • Liberalisme vs interventionnisme : les liberaux (Hayek, Friedman) penchent pour un Etat minimal ; les keynesiens (Keynes) pour un Etat interventionniste en periode de crise
Exemple — Cas pratique

Face a la crise Covid (2020), l'Etat francais a mene une politique de relance massive : chomage partiel (35 Mds EUR), fonds de solidarite pour les TPE, prets garantis par l'Etat (PGE, 140 Mds EUR), plan de relance 'France Relance' (100 Mds EUR). Resultat : le PIB a chute de -7,9% en 2020 mais a rebondi de +6,8% en 2021.

Taux de chomage = (Nb de chomeurs / Population active) x 100
Deficit budgetaire = Recettes publiques - Depenses publiques
Ratio dette/PIB = (Dette publique / PIB) x 100
Auto-evaluation
  1. Quels sont les 4 objectifs du carre magique de Kaldor ?
  2. Quelle est la difference entre politique budgetaire et monetaire ?
  3. Citez 3 defaillances du marche justifiant l'intervention de l'Etat.
  4. Qu'est-ce qu'une politique de relance ? Quand l'utilise-t-on ?
Conseil examen

L'intervention de l'Etat est un theme recurrent en CEJM. On vous demandera souvent d'analyser une mesure gouvernementale. Structurez : 1) Quel probleme la mesure resout-elle ? 2) Quel type de politique est-ce (budgetaire/monetaire, offre/demande) ? 3) Quels effets attendus et limites ? Citez toujours un exemple chiffre.

5

Le fonctionnement des marches

Concepts cles

Marche
Lieu reel ou virtuel de rencontre entre l'offre (producteurs) et la demande (consommateurs). Le prix d'equilibre resulte de la confrontation offre/demande. Hypothese de base : la concurrence pure et parfaite.
Concurrence pure et parfaite (CPP)
Modele theorique avec 5 conditions : atomicite (nombreux offreurs/demandeurs), homogeneite des produits, libre entree/sortie, transparence de l'information, mobilite des facteurs. Rarement atteint en realite.
Structures de marche
Concurrence parfaite (nombreux acteurs), monopole (1 seul offreur), oligopole (quelques offreurs), concurrence monopolistique (nombreux offreurs avec produits differencies). La realite se situe entre ces modeles.
Loi de l'offre et de la demande
Quand le prix monte, l'offre augmente et la demande diminue. Quand le prix baisse, c'est l'inverse. Le prix d'equilibre est atteint quand offre = demande.
Pouvoir de marche
Capacite d'une entreprise a influencer le prix ou les conditions du marche. Plus le marche est concentre, plus le pouvoir de marche est eleve (ex : GAFAM dans le numerique).

Points essentiels

  • Prix d'equilibre : se forme a l'intersection des courbes d'offre et de demande. Un excedent d'offre fait baisser le prix ; un excedent de demande le fait monter
  • Elasticite-prix de la demande : mesure la sensibilite de la demande aux variations de prix. Elastique (>1) : produits de luxe. Inelastique (<1) : produits de premiere necessite (eau, pain, essence)
  • Concurrence monopolistique (Chamberlin) : nombreux offreurs mais produits differencies (marque, qualite, design). Chaque entreprise a un mini-monopole sur son produit. Ex : marche des smartphones
  • Oligopole : quelques grandes entreprises dominent le marche. Comportements strategiques : entente (illegale), guerre des prix, differenciation, innovation. Ex : telecom (Orange, SFR, Bouygues, Free)
  • Barrieres a l'entree : obstacles empechant de nouveaux concurrents d'entrer sur le marche : brevets, investissements colossaux, reglementation, economies d'echelle, effet de reseau
  • Defaillances du marche : asymetrie d'information (le vendeur en sait plus que l'acheteur), externalites, biens publics, monopoles naturels. Justifient l'intervention de l'Etat
  • Economie numerique : marches a cout marginal quasi-nul, effets de reseau (plus il y a d'utilisateurs, plus le service a de valeur), tendance au monopole naturel (winner takes all)
  • Economie collaborative : echanges entre particuliers via des plateformes (Airbnb, BlaBlaCar, Leboncoin). Bouscule les marches traditionnels et pose des questions de regulation
Exemple — Cas pratique

Le marche des forfaits mobiles en France est un oligopole avec 4 operateurs. L'arrivee de Free en 2012 (forfait a 2 EUR et 19,99 EUR) a provoque une guerre des prix qui a profite aux consommateurs. Illustration de la loi de l'offre et la demande : l'augmentation de l'offre (4e operateur) a fait baisser les prix de 30% en moyenne.

Elasticite-prix = (Variation de la demande en % / Variation du prix en %)
Indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) = Somme des carres des parts de marche
Prix d'equilibre : quand Quantite offerte = Quantite demandee
Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 5 conditions de la concurrence pure et parfaite ?
  2. Quelle difference entre monopole, oligopole et concurrence monopolistique ?
  3. Qu'est-ce que l'elasticite-prix ? Donnez un exemple de produit elastique et inelastique.
  4. Pourquoi les marches numeriques tendent-ils vers le monopole ?
Conseil examen

Les structures de marche sont un classique de la CEJM. Quand on vous presente un secteur, identifiez IMMEDIATEMENT : nombre d'acteurs, type de produit (homogene/differencie), barrieres a l'entree, pouvoir de marche. Puis nommez la structure et analysez les consequences pour les entreprises et les consommateurs.

6

Le droit de la concurrence et la protection du consommateur

Concepts cles

Droit de la concurrence
Ensemble de regles qui garantissent le libre jeu de la concurrence sur les marches. Interdit les pratiques anticoncurrentielles (ententes, abus de position dominante) et controle les concentrations.
Autorite de la concurrence
Autorite administrative independante chargee de veiller au respect du droit de la concurrence en France. Peut infliger des sanctions financieres tres lourdes (jusqu'a 10% du CA mondial).
Pratiques anticoncurrentielles
Comportements qui faussent la concurrence : ententes (fixation commune des prix, repartition des marches), abus de position dominante (prix predateurs, refus de vente, ventes liees).
Droit de la consommation
Ensemble de regles protegeant le consommateur : information prealable, droit de retractation (14 jours en e-commerce), garantie legale de conformite (2 ans), interdiction des pratiques commerciales trompeuses.
RGPD
Reglement General sur la Protection des Donnees (2018). Encadre la collecte et le traitement des donnees personnelles. Principes : consentement, finalite, minimisation, droit d'acces/rectification/suppression, droit a l'oubli.

Points essentiels

  • Ententes illicites (art. L420-1 C. com) : accords entre concurrents pour fixer les prix, limiter la production ou se repartir les marches. Punies de sanctions financieres et penales. Ex : cartel des lessives (amende de 361 M EUR)
  • Abus de position dominante (art. L420-2 C. com) : une entreprise dominante exploite sa position au detriment des concurrents ou des consommateurs. Ex : Google condamne a 4,3 Mds EUR par la Commission europeenne pour Android
  • Controle des concentrations : les fusions-acquisitions depassant certains seuils (CA combine > 150 M EUR) doivent etre notifiees a l'Autorite de la concurrence qui peut les autoriser, les conditionner ou les interdire
  • Concurrence deloyale : comportements contraires aux usages du commerce : denigrement, confusion, parasitisme, desorganisation. Sanctionnee par le droit civil (dommages et interets)
  • Information du consommateur : obligation d'informer sur le prix, les caracteristiques essentielles, les conditions de vente, le droit de retractation, les garanties legales
  • Protection en e-commerce : droit de retractation de 14 jours, information sur l'identite du vendeur, confirmation de commande, livraison sous 30 jours max, mediation en cas de litige
  • Clauses abusives : clauses qui creent un desequilibre significatif entre les droits du professionnel et ceux du consommateur. Reputees non ecrites (la Commission des clauses abusives publie des recommandations)
  • DGCCRF : Direction Generale de la Concurrence, de la Consommation et de la Repression des Fraudes. Controle le respect des regles de concurrence et de protection du consommateur
Exemple — Cas pratique

En 2020, Apple est condamne a 1,1 Md EUR par l'Autorite de la concurrence francaise pour entente avec ses grossistes (Tech Data et Ingram Micro) : repartition des clients, fixation des prix de revente et limitation de la concurrence entre revendeurs. Illustration parfaite d'une entente verticale sanctionnee.

Auto-evaluation
  1. Quelle est la difference entre entente illicite et abus de position dominante ?
  2. Quels sont les droits du consommateur en e-commerce ?
  3. Qu'est-ce que le RGPD et quels sont ses grands principes ?
  4. Quel est le role de l'Autorite de la concurrence ?
Conseil examen

Les sujets de droit de la concurrence et de protection du consommateur sont tres apprecies en CEJM. Pour chaque cas, appliquez le raisonnement juridique : fait(s) → regle de droit (article de loi) → application au cas → solution. Les chiffres d'amendes marquent les correcteurs : retenez-en 2-3.

Theme 3 — L'organisation de l'activite de l'entreprise

Fiches 7 a 9. Structures organisationnelles, decisions strategiques et management des ressources humaines.

7

Les structures organisationnelles

Concepts cles

Structure organisationnelle
Maniere dont l'entreprise repartit le travail, les responsabilites et la coordination entre ses membres. Formalisee par l'organigramme. Depend de la taille, l'activite et la strategie.
Structure fonctionnelle
Organisation par fonctions (marketing, production, finance, RH). Chaque salarie depend d'un seul superieur. Simple et claire mais manque de flexibilite. Adaptee aux PME monoactivite.
Structure divisionnelle
Organisation par produits, marches ou zones geographiques. Chaque division est quasi-autonome avec ses propres fonctions. Adaptee aux grandes entreprises diversifiees (ex : LVMH).
Structure matricielle
Croise la logique fonctionnelle et divisionnelle. Chaque salarie a deux superieurs (fonctionnel + projet/produit). Flexible mais complexe. Utilisee dans les entreprises innovantes et les grands projets.
Mecanismes de coordination (Mintzberg)
5 mecanismes : ajustement mutuel (communication informelle), supervision directe (chef donne des ordres), standardisation des procedes, des resultats, ou des qualifications.

Points essentiels

  • Mintzberg — Les 5 parties de l'organisation : sommet strategique (direction), ligne hierarchique (managers), centre operationnel (executants), technostructure (experts), support logistique (services annexes)
  • Centralisation vs decentralisation : centralisation = decisions au sommet (rapidite, coherence) ; decentralisation = delegation aux niveaux inferieurs (reactivite, motivation). Tendance actuelle : decentralisation
  • Structure en reseau : l'entreprise se concentre sur son coeur de metier et externalise le reste a des partenaires. Ex : Nike (conception et marketing interne, production sous-traitee). Flexible mais risque de perte de controle
  • Organisation plate (flat) : peu de niveaux hierarchiques, large empan de controle. Favorise l'autonomie et la communication. Populaire chez les start-ups et entreprises tech (ex : Spotify avec les squads)
  • Structure agile : equipes pluridisciplinaires autonomes, iterations rapides, adaptation continue. Issue du developpement logiciel (Scrum, Kanban) mais se generalise a d'autres secteurs
  • Culture d'entreprise : ensemble des valeurs, normes, croyances et pratiques partagees au sein de l'organisation. Influence le comportement des membres et l'identite de l'entreprise
  • Facteurs de choix de la structure : taille (plus l'entreprise grandit, plus elle se formalise), activite (diversifiee = divisionnelle), environnement (instable = flexible), strategie, technologie
  • Theorie de la contingence (Lawrence & Lorsch) : il n'y a pas de structure ideale universelle. La meilleure structure depend du contexte (environnement, technologie, strategie). L'entreprise doit s'adapter
Exemple — Cas pratique

Google utilise une structure matricielle : les ingenieurs sont rattaches a une fonction (Search, Cloud, YouTube) ET participent a des projets transversaux. La '20% time' (consacrer 20% du temps a des projets personnels) illustre la culture d'innovation et d'autonomie. Gmail et Google Maps sont nes de cette pratique.

Auto-evaluation
  1. Quelles sont les differences entre structure fonctionnelle, divisionnelle et matricielle ?
  2. Citez les 5 mecanismes de coordination de Mintzberg.
  3. Quels facteurs influencent le choix de la structure organisationnelle ?
  4. Qu'est-ce qu'une structure agile et quels sont ses avantages ?
Conseil examen

A l'examen, on vous demandera souvent d'identifier la structure d'une entreprise a partir d'un organigramme ou d'une description. Nommez la structure, justifiez (criteres), puis analysez les avantages et limites dans le contexte donne. Citez Mintzberg si possible — cela montre votre maitrise theorique.

8

Le processus de decision et la strategie

Concepts cles

Decision strategique
Decision engageant l'entreprise a long terme, prise par la direction, souvent irreversible et a fort enjeu. Ex : lancer un nouveau produit, fusionner, se diversifier, s'internationaliser.
Decision operationnelle
Decision courante, repetitive, prise a un niveau hierarchique inferieur, a court terme et faible enjeu. Ex : passer une commande, planifier un planning, repondre a un client.
Rationalite limitee (Simon)
Les decideurs ne disposent pas de toute l'information, n'ont pas le temps de tout analyser et sont soumis a des biais cognitifs. Ils prennent des decisions 'satisfaisantes' plutot qu'optimales.
Planification strategique
Processus formalise de definition des objectifs a long terme et des moyens pour les atteindre. Etapes : diagnostic (interne + externe), choix strategiques, plan d'action, controle.
Business model (modele economique)
Maniere dont l'entreprise cree, delivre et capture de la valeur. Repond a 3 questions : quelle est notre proposition de valeur ? Pour qui ? Comment gagnons-nous de l'argent ? Outil : Business Model Canvas.

Points essentiels

  • Les 3 niveaux de decision (Ansoff) : strategique (long terme, direction), tactique (moyen terme, managers), operationnelle (court terme, executants)
  • Le processus de decision : 1) Identification du probleme, 2) Recherche d'informations, 3) Definition des criteres, 4) Evaluation des options, 5) Choix, 6) Mise en oeuvre, 7) Controle
  • Biais cognitifs : biais de confirmation (chercher ce qui confirme son opinion), effet d'ancrage (influence du premier chiffre entendu), biais de statu quo (preferer ne rien changer). Impactent la qualite des decisions
  • Diagnostic strategique : interne (ressources, competences, chaine de valeur) + externe (PESTEL, 5 forces de Porter). Synthese : SWOT
  • Strategie corporate vs business : corporate = que fait l'entreprise ? (diversification, specialisation) ; business = comment concurrencer sur chaque marche ? (domination par les couts, differenciation)
  • Innovation et creation de valeur : innovation de produit, de procede, de marketing, organisationnelle. Source d'avantage concurrentiel durable (Schumpeter : destruction creatrice)
  • Business Model Canvas (Osterwalder) : 9 blocs : segments clients, proposition de valeur, canaux, relation client, flux de revenus, ressources cles, activites cles, partenaires, structure de couts
  • Management participatif : impliquer les salaries dans la prise de decision. Avantages : motivation, creativite, adhesion. Limites : lenteur, difficulte en cas de desaccord
Exemple — Cas pratique

Netflix est passe d'un modele de location de DVD par courrier a un modele de streaming par abonnement (2007), puis a la production de contenus originaux (2013). Chaque pivot est une decision strategique majeure qui a transforme son business model et son positionnement concurrentiel. Resultat : de start-up a leader mondial du streaming.

Seuil de rentabilite = Charges fixes / Taux de marge sur cout variable
Point mort (en jours) = (Seuil de rentabilite / CA annuel) x 365
Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 3 niveaux de decision dans l'entreprise ?
  2. Qu'est-ce que la rationalite limitee de Simon ?
  3. Decrivez les 9 blocs du Business Model Canvas.
  4. Quelle difference entre strategie corporate et strategie business ?
Conseil examen

Les questions sur la strategie sont les plus frequentes en CEJM. Pour analyser une decision strategique, suivez ce plan : 1) Nature de la decision (strategique/tactique/operationnelle), 2) Diagnostic SWOT, 3) Choix strategique (specialisation, diversification, integration, internationalisation), 4) Avantages et risques. Illustrez avec le cas du dossier.

9

Le management des ressources humaines

Concepts cles

GRH (Gestion des Ressources Humaines)
Ensemble des pratiques visant a gerer le capital humain de l'entreprise : recrutement, formation, remuneration, evaluation, gestion des carrieres, conditions de travail.
GPEC (Gestion Previsionnelle des Emplois et Competences)
Demarche d'anticipation des besoins en competences de l'entreprise a moyen terme. Permet d'adapter les effectifs et les qualifications aux evolutions de l'activite.
Contrat de travail
Convention par laquelle un salarie s'engage a travailler pour un employeur en echange d'une remuneration, sous un lien de subordination. CDI (norme), CDD, interim, alternance.
Motivation au travail
Ensemble des facteurs qui poussent un salarie a s'engager dans son travail. Theories : Maslow (pyramide des besoins), Herzberg (facteurs d'hygiene et de motivation), Vroom (theorie des attentes).
Qualite de Vie au Travail (QVT)
Conditions dans lesquelles les salaries exercent leur travail. Inclut : equilibre vie pro/perso, autonomie, sens du travail, relations, environnement physique. Impact direct sur la performance.

Points essentiels

  • Processus de recrutement : definition du besoin → fiche de poste → sourcing (jobboards, cooptation, reseaux sociaux) → selection (CV, entretien, tests) → integration (onboarding)
  • Formation professionnelle : obligation de l'employeur (plan de developpement des competences), CPF (Compte Personnel de Formation), VAE (Validation des Acquis de l'Experience)
  • Remuneration : salaire de base + primes + avantages (mutuelle, tickets restaurant, interessement, participation). Doit respecter le SMIC et la convention collective. Levier de motivation
  • Pyramide de Maslow : 5 niveaux de besoins : physiologiques, securite, appartenance, estime, accomplissement. Un besoin doit etre satisfait pour que le suivant devienne motivant
  • Herzberg (bifactorielle) : facteurs d'hygiene (salaire, conditions de travail, securite) = evitent l'insatisfaction. Facteurs de motivation (reconnaissance, responsabilites, accomplissement) = generent la satisfaction
  • Flexibilite du travail : numerique (nombre de salaries : CDD, interim), fonctionnelle (polyvalence), temporelle (horaires flexibles, annualisation), salariale (part variable). Debat : flexibilite vs precarite
  • Dialogue social : CSE (Comite Social et Economique, obligatoire des 11 salaries), delegues syndicaux, negociation collective, droit de greve. Permet de prevenir les conflits et d'ameliorer les conditions de travail
  • Discrimination a l'embauche : interdite par la loi (24 criteres : age, sexe, origine, handicap, religion...). Sanctions penales jusqu'a 3 ans de prison et 45 000 EUR d'amende
Exemple — Cas pratique

Decathlon met en oeuvre une politique RH axee sur l'autonomie et le sens : chaque 'coequipier' peut proposer des idees d'amelioration (management participatif), l'entreprise investit 3% de la masse salariale en formation, et 100% des salaries beneficient de l'interessement. Resultat : Decathlon est regulierement classe dans le top 10 des entreprises ou il fait bon travailler en France.

Taux de turnover = ((Nb departs + Nb arrivees) / 2) / Effectif moyen x 100
Taux d'absenteisme = (Nb jours d'absence / Nb jours theoriques) x 100
Masse salariale = Somme des salaires bruts + charges patronales
Auto-evaluation
  1. Quels sont les 5 niveaux de la pyramide de Maslow ?
  2. Quelle difference entre facteurs d'hygiene et facteurs de motivation (Herzberg) ?
  3. Qu'est-ce que la GPEC et pourquoi est-elle importante ?
  4. Citez 3 formes de flexibilite du travail.
Conseil examen

Les questions RH en CEJM portent souvent sur l'analyse d'une politique de remuneration, de formation ou de motivation. Citez systematiquement les theories (Maslow, Herzberg) et appliquez-les au cas concret. Le jury apprecie quand vous montrez que vous connaissez les outils theoriques ET que vous savez les mobiliser.

Theme 4 — L'impact du numerique sur la vie de l'entreprise

Fiches 10 a 12. Transformation numerique, cadre juridique du numerique et enjeux pour le management.

10

La transformation numerique de l'entreprise

Concepts cles

Transformation numerique (digitale)
Integration des technologies numeriques dans l'ensemble des activites de l'entreprise : production, vente, communication, RH, gestion. Change en profondeur les processus, les modeles economiques et la culture d'entreprise.
E-commerce
Vente de biens ou services en ligne. Modeles : B2C (entreprise → consommateur), B2B (entreprise → entreprise), C2C (consommateur → consommateur, ex : Leboncoin), marketplace (Amazon, Cdiscount).
Cloud computing
Hebergement et acces a des ressources informatiques (stockage, logiciels, calcul) via Internet. Modeles : SaaS (logiciel en ligne), PaaS (plateforme), IaaS (infrastructure). Avantage : flexibilite, cout reduit.
Big data
Ensemble massif de donnees generees par l'activite numerique (transactions, navigation, reseaux sociaux, objets connectes). Analyse avec des algorithmes pour extraire de la valeur (prediction, personnalisation, optimisation).
Intelligence artificielle (IA)
Technologies capables de simuler des fonctions cognitives humaines : apprentissage automatique (machine learning), traitement du langage naturel, vision par ordinateur. Revolutionne de nombreux secteurs.

Points essentiels

  • Les 4 piliers de la transformation numerique : experience client (omnicanal, personnalisation), processus internes (automatisation, ERP), business model (nouveaux modeles de revenus), culture d'entreprise (agilite, data-driven)
  • Plateformes numeriques : modele economique base sur la mise en relation (Uber, Airbnb, Amazon Marketplace). Effets de reseau : plus il y a d'utilisateurs, plus la plateforme a de valeur. Tendance au monopole
  • Marketing digital : SEO (referencement naturel), SEA (publicite payante), reseaux sociaux, emailing, content marketing, marketing d'influence. Permet un ciblage precis et une mesure des resultats en temps reel
  • Automatisation et IA : chatbots (service client), RPA (automatisation de taches repetitives), IA generative (creation de contenu), analyse predictive (prevision des ventes). Gains de productivite mais impact sur l'emploi
  • Cybersecurite : protection des systemes et donnees contre les attaques (phishing, ransomware, DDoS). Enjeu majeur : une fuite de donnees peut couter des millions et detruire la reputation
  • Teletravail et outils collaboratifs : visioconference (Teams, Zoom), messagerie (Slack), gestion de projet (Trello, Notion), stockage cloud (Google Drive, OneDrive). Accelere par la crise Covid
  • Objets connectes (IoT) : objets physiques relies a Internet qui collectent et transmettent des donnees. Applications : industrie 4.0, sante connectee, ville intelligente, domotique
  • Fracture numerique : inegalite d'acces aux technologies numeriques et de capacite a les utiliser. Concerne les personnes agees, les zones rurales, les populations precaires. L'entreprise doit en tenir compte
Exemple — Cas pratique

Domino's Pizza a realise sa transformation numerique en misant sur le digital : 75% des commandes passees en ligne, application mobile avec suivi en temps reel, chatbot pour commander, IA pour optimiser les itineraires de livraison, drones en test. Resultat : le titre en bourse a ete multiplie par 50 en 15 ans.

Taux de digitalisation = (CA en ligne / CA total) x 100
ROI digital = ((Gains du projet digital - Cout du projet) / Cout) x 100
Auto-evaluation
  1. Quels sont les 4 piliers de la transformation numerique ?
  2. Qu'est-ce qu'un effet de reseau et pourquoi favorise-t-il les monopoles ?
  3. Citez 3 applications de l'IA dans l'entreprise.
  4. Quels risques la cybersecurite fait-elle peser sur les entreprises ?
Conseil examen

Le numerique est omnipresent en CEJM. Pour chaque innovation evoquee dans le dossier, analysez : 1) Comment cela transforme le business model ? 2) Quelles opportunites et menaces ? 3) Quel cadre juridique s'applique ? Reliez toujours le numerique aux autres themes (emploi, concurrence, droit).

11

Le cadre juridique du numerique

Concepts cles

RGPD
Reglement General sur la Protection des Donnees (2018). S'applique a toute organisation traitant des donnees personnelles de residents europeens. Principes : liceit, loyaute, transparence, minimisation, limitation de la conservation, integrite, confidentialite.
Donnees personnelles
Toute information se rapportant a une personne physique identifiee ou identifiable : nom, email, adresse IP, donnees de geolocalisation, cookies, photo, empreinte digitale.
Propriete intellectuelle
Ensemble des droits protegeant les creations de l'esprit : droit d'auteur (oeuvres), brevets (inventions), marques (signes distinctifs), dessins et modeles. Enjeu majeur dans l'economie numerique.
CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertes)
Autorite independante qui veille au respect du RGPD en France. Pouvoirs : controle, sanction (amendes jusqu'a 20 M EUR ou 4% du CA mondial), conseil, information du public.
Droit a la deconnexion
Droit du salarie de ne pas etre joignable en dehors de ses heures de travail via les outils numeriques. Inscrit dans le Code du travail depuis 2017. Obligatoire dans la negociation collective.

Points essentiels

  • Droits des personnes (RGPD) : droit d'acces, de rectification, d'effacement (droit a l'oubli), de portabilite, d'opposition, de limitation du traitement. L'entreprise doit y repondre sous 1 mois
  • Obligations de l'entreprise (RGPD) : registre de traitement, analyse d'impact (PIA), DPO (Delegue a la Protection des Donnees) si traitement a grande echelle, notification en cas de violation (72h)
  • Sanctions RGPD : amendes administratives (jusqu'a 4% du CA annuel mondial ou 20 M EUR), sanctions penales (5 ans de prison, 300 000 EUR d'amende). La CNIL a deja sanctionne Google (150 M EUR), Amazon (746 M EUR au Luxembourg)
  • Droit d'auteur et Internet : les oeuvres publiees en ligne sont protegees par le droit d'auteur (pas besoin de depot). Le copier-coller est une contrefacon. Exceptions : courte citation, usage prive, parodie
  • Brevets et logiciels : en Europe, les logiciels ne sont pas brevetables en tant que tels (mais les inventions techniques utilisant un logiciel le sont). Aux USA, les logiciels sont brevetables
  • Identite numerique : ensemble des traces laissees en ligne. E-reputation : image percue sur Internet. Droit a l'oubli : possibilite de demander le dereferencement d'informations obsoletes (arret Google Spain 2014)
  • Cybercriminalite : infractions commises via des systemes informatiques : piratage, phishing, ransomware, usurpation d'identite numerique. Sanctionnees par le Code penal (jusqu'a 7 ans de prison)
  • Loyaute des plateformes : loi pour une Republique numerique (2016) : obligation de transparence sur les algorithmes de classement, les avis en ligne, les conditions generales d'utilisation
Exemple — Cas pratique

En 2022, la CNIL a sanctionne TikTok de 5 M EUR pour non-respect du RGPD : refus de cookies aussi facile que l'acceptation (pas le cas), information insuffisante des utilisateurs, duree de conservation des donnees non justifiee. Illustration de l'application concrete du RGPD aux plateformes numeriques.

Auto-evaluation
  1. Quels sont les 6 principes fondamentaux du RGPD ?
  2. Citez 4 droits des personnes en matiere de protection des donnees.
  3. Quelle est la difference entre droit d'auteur et brevet ?
  4. Qu'est-ce que le droit a la deconnexion et depuis quand existe-t-il ?
Conseil examen

Le RGPD est LE sujet juridique du numerique le plus tombe en CEJM. Retenez les grands principes, les droits des personnes et les sanctions avec des exemples chiffres. Methode : identifiez le manquement, citez l'article du RGPD, appliquez au cas, concluez sur la sanction possible.

12

Les enjeux du numerique pour le management

Concepts cles

Management a distance
Encadrement d'equipes travaillant a distance (teletravail, equipes internationales). Necessite des outils collaboratifs, une communication renforcee et une confiance mutuelle.
Organisation apprenante
Organisation qui favorise l'apprentissage continu de ses membres et qui evolue en permanence. S'adapte aux changements de l'environnement grace a sa capacite d'innovation et d'experimentation.
Conduite du changement
Accompagnement des collaborateurs lors d'une transformation (numerique, organisationnelle). Etapes : diagnostic, communication, formation, accompagnement, evaluation. Resistance au changement = frein principal.
Digital workplace
Environnement de travail numerique integrant tous les outils dont le salarie a besoin : messagerie, intranet, visioconference, partage de documents, gestion de projet, CRM, ERP. Objectif : productivite et collaboration.

Points essentiels

  • Impact du numerique sur l'emploi : destruction de postes (automatisation) mais aussi creation (data analyst, community manager, developpeur). Necessitec une adaptation continue des competences (upskilling, reskilling)
  • Nouveaux modes de travail : teletravail (regulier ou occasionnel), coworking, flex office (pas de bureau attribre), travail hybride (mix presentiel/distance). Acceleres par le Covid
  • Management agile : cycles courts, equipes autonomes, feedback continu, droit a l'erreur. Methodes : Scrum (sprints de 2 semaines), Kanban (flux continu), Design Thinking (centrage utilisateur)
  • Collaboration et partage : les outils numeriques facilitent le travail collaboratif (documents partages, visio, chat) mais peuvent generer une surcharge informationnelle (infobecite) et un stress numerique
  • Surveillance vs confiance : le numerique permet le controle (geolocalisation, tracking du temps, monitoring des emails) mais pose des questions ethiques et juridiques. Le droit du travail encadre la surveillance (proportionnalite, information)
  • Competences numeriques : le numerique exige de nouvelles competences : litteratie numerique (savoir utiliser les outils), culture data (interpreter les donnees), pensee critique (verifier les informations)
  • E-leadership : capacite a diriger dans un environnement numerique : vision strategique du digital, capacite a federer a distance, maitrise des outils, exemplarité dans l'usage du numerique
  • Bien-etre au travail numerique : risques : hyperconnexion, isolement (teletravail), sedentarite, technostress. Solutions : droit a la deconnexion, ergonomie, moments de convivialite, formation
Exemple — Cas pratique

Pendant le Covid, la Maif a bascule 8 000 collaborateurs en teletravail en 48h. Cles du succes : outils deja deployes (Teams, intranet), management base sur la confiance (pas de surveillance), rituels quotidiens (visio d'equipe de 15 min), attention au bien-etre (cellule d'ecoute psychologique). Post-Covid, la Maif a adopte un modele hybride (2-3 jours au bureau).

Auto-evaluation
  1. Quels sont les impacts du numerique sur l'emploi (positifs et negatifs) ?
  2. Qu'est-ce que le management agile et quels sont ses principes ?
  3. Comment conduire le changement lors d'une transformation numerique ?
  4. Quels risques le teletravail fait-il peser sur le bien-etre des salaries ?
Conseil examen

Les questions sur l'impact du numerique en management sont de plus en plus frequentes. Pour chaque cas, analysez les 3 dimensions : 1) Impact sur l'organisation (processus, structure), 2) Impact sur les collaborateurs (competences, conditions de travail), 3) Enjeux juridiques et ethiques. Montrez que vous avez une vision globale.

Theme 5 — Les mutations du travail

Fiches 13 a 15. Evolution du marche du travail, contrats et protection des salaries, negociation sociale.

13

L'evolution du marche du travail

Concepts cles

Marche du travail
Lieu de rencontre entre l'offre de travail (salaries) et la demande de travail (employeurs). Le salaire est le prix d'equilibre. Fortement reglemente en France (SMIC, duree legale, licenciement).
Chomage
Situation d'une personne sans emploi, disponible pour travailler et en recherche active d'emploi (definition BIT). Taux de chomage en France en 2024 : environ 7,5% (metroople).
Ubercisation
Transformation d'un secteur par l'apparition de plateformes numeriques mettant en relation directe prestataires et clients, contournant les intermediaires traditionnels (Uber, Deliveroo). Pose la question du statut des travailleurs.
Freelancing
Travail independant, en dehors d'un lien de subordination. En forte croissance grace au numerique (auto-entrepreneur, portage salarial, plateformes de freelance). 3,6 millions de travailleurs independants en France.

Points essentiels

  • Tendances du marche : tertiarisation (80% des emplois dans les services), feminisation, qualification croissante, flexibilite accrue, developpement du travail independant
  • Types de chomage : frictionnel (entre 2 emplois), structurel (inadequation offre/demande), conjoncturel (lie a la situation economique), technologique (lie a l'automatisation)
  • Politiques de l'emploi : passives (indemnisation chomage) et actives (formation, subventions a l'embauche, emplois aides, creation d'entreprise). France Travail (ex-Pole Emploi) coordonne
  • Travail precaire : CDD, interim, temps partiel subi, stages non remuneres. Touche davantage les jeunes, les femmes et les peu qualifies. Debat : flexibilite necessaire ou insecurite inacceptable ?
  • Auto-entrepreneuriat : regime simplifie de creation d'entreprise (micro-entreprise). Avantages : simplicite, faibles charges. Limites : plafonds de CA, pas de chomage, protection sociale reduite
  • Economie de plateforme : Uber, Deliveroo, Malt... Les travailleurs sont-ils independants ou salaries ? Jurisprudence en evolution (requalification en CDI de livreurs Uber Eats par la Cour de cassation, 2020)
  • Parite et egalite professionnelle : loi Copé-Zimmermann (2011) : 40% de femmes dans les CA. Index d'egalite professionnelle obligatoire (entreprises > 50 sal.). Ecart de remuneration moyen : encore ~16%
  • Inclusion et diversite : OETH (6% de travailleurs handicapes dans les entreprises > 20 sal.), lutte contre les discriminations, politique d'inclusion des seniors
Exemple — Cas pratique

Deliveroo en France illustre les tensions de l'economie de plateforme : les livreurs sont consideres comme independants (auto-entrepreneurs) mais subissent un controle algorithme (notation, itineraires imposes, deconnexion sanction). En 2022, un tribunal a requalifie certains livreurs en salaries. Le debat est loin d'etre tranche au niveau europeen.

Taux de chomage = (Nb de chomeurs / Population active) x 100
Taux d'activite = (Population active / Population en age de travailler) x 100
Taux d'emploi = (Population en emploi / Population en age de travailler) x 100
Auto-evaluation
  1. Quels sont les 4 types de chomage ?
  2. Qu'est-ce que l'uberisation et quels problemes pose-t-elle ?
  3. Quelle difference entre politique active et passive de l'emploi ?
  4. Quels sont les enjeux de l'egalite professionnelle femmes-hommes ?
Conseil examen

Les mutations du travail sont un sujet d'actualite brulant en CEJM. Montrez que vous maitrisez les debats : flexibilite vs securite, independance vs salariat, automatisation vs emploi. Utilisez des chiffres recents et des exemples concrets (Uber, Amazon, teletravail Covid). Le jury valorise l'ouverture d'esprit et l'esprit critique.

14

Les contrats de travail et la protection des salaries

Concepts cles

Contrat de travail
Convention par laquelle un salarie s'engage a fournir un travail pour un employeur, sous sa subordination, en echange d'une remuneration. 3 elements : prestation de travail, remuneration, lien de subordination.
CDI (Contrat a Duree Indeterminee)
Forme normale du contrat de travail. Pas de date de fin. Rupture : demission (salarie), licenciement (employeur), rupture conventionnelle (accord mutuel).
CDD (Contrat a Duree Determinee)
Contrat pour une duree limitee, pour un motif precis : remplacement, accroissement temporaire d'activite, emploi saisonnier. Max 18 mois (renouvellements compris). Prime de precarite 10%.
Licenciement
Rupture du contrat a l'initiative de l'employeur. Motifs : personnel (faute, insuffisance) ou economique (difficultes, reorganisation). Procedure stricte : convocation, entretien prealable, notification. Indemnites legales ou conventionnelles.
Rupture conventionnelle
Mode de rupture amiable du CDI, d'un commun accord entre employeur et salarie. Homologuee par la DREETS. Ouvre droit aux allocations chomage. Indemnite au moins egale a l'indemnite legale de licenciement.

Points essentiels

  • Clauses du contrat de travail : clauses essentielles (poste, lieu, remuneration, horaires) et clauses particulieres (periode d'essai, mobilite, non-concurrence, exclusivite, dedit-formation)
  • Duree legale du travail : 35h/semaine. Heures supplementaires majorees (25% puis 50%). Forfait jours pour les cadres autonomes (218 jours/an max). Repos obligatoire : 11h consecutives/jour, 35h/semaine
  • Conges payes : 2,5 jours ouvrables/mois travaille = 30 jours ouvrables (5 semaines/an). Conges speciaux : maternite, paternite, maladie, evenements familiaux
  • Obligation de securite : l'employeur doit assurer la securite et proteger la sante physique et mentale des salaries (art. L4121-1 C. trav.). Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) obligatoire
  • Harcelement moral et sexuel : interdits et sanctionnes penalement. L'employeur doit prevenir, reagir et sanctionner. Le salarie victime peut saisir le conseil de prud'hommes et/ou porter plainte
  • Representants du personnel : CSE obligatoire des 11 salaries. Role : information-consultation sur les decisions economiques et sociales, gestion des oeuvres sociales, alerte en cas de danger grave
  • Prud'hommes : juridiction paritaire (juges employeurs + juges salaries) competente pour les litiges individuels du travail. Procedure : conciliation puis jugement. Appel possible devant la cour d'appel
  • Inspection du travail : service de l'Etat qui controle l'application du droit du travail. Pouvoirs : entrer dans les entreprises, constater les infractions, dresser des PV, ordonner des mesures d'urgence
Exemple — Cas pratique

Un salarie en CDI est licencie pour insuffisance professionnelle apres 5 ans d'anciennete. Procedure : convocation par LRAR (J1), entretien prealable (J+5 min), notification du licenciement (J+7 apres entretien). Indemnite legale : 1/4 de mois par annee d'anciennete = 5 x 1/4 = 1,25 mois de salaire. Le salarie peut contester aux prud'hommes s'il estime le motif injustifie.

Indemnite legale de licenciement = 1/4 mois par annee (< 10 ans) + 1/3 mois par annee (> 10 ans)
Prime de precarite (CDD) = 10% de la remuneration brute totale
Heures supplementaires = +25% (de la 36e a la 43e heure) puis +50% (au-dela)
Auto-evaluation
  1. Quels sont les 3 elements constitutifs du contrat de travail ?
  2. Quelle difference entre licenciement pour motif personnel et motif economique ?
  3. Qu'est-ce que la rupture conventionnelle et quels sont ses avantages ?
  4. Quel est le role du CSE dans l'entreprise ?
Conseil examen

Le droit du travail est un pilier de la CEJM. Pour analyser un cas de licenciement ou de litige, suivez la methode juridique : 1) Faits, 2) Probleme de droit, 3) Regle applicable (article du Code du travail), 4) Application, 5) Solution. Retenez les seuils cles : 11 salaries (CSE), 50 salaries (CSE renforce, GPEC).

15

La negociation sociale et la gestion des conflits

Concepts cles

Negociation collective
Processus par lequel les representants des employeurs et des salaries (syndicats) definissent les conditions de travail, d'emploi et les garanties sociales. Aboutit a des accords collectifs ou conventions collectives.
Convention collective
Accord negocie entre syndicats de salaries et d'employeurs couvrant un secteur d'activite. Complete et ameliore le Code du travail pour les salaries du secteur. Ex : convention collective du commerce de detail.
Conflit social
Opposition entre salaries et employeur sur les conditions de travail, les remunerations ou les decisions de l'entreprise. Peut prendre la forme de greve, debrayage, occupation, petition, manifestation.
Droit de greve
Droit constitutionnel (Preambule de 1946). Cessation collective et concertee du travail pour appuyer des revendications professionnelles. Aucun preavis dans le prive (sauf services publics). Le salarie greviste n'est pas remunere mais ne peut etre licencie (sauf faute lourde).

Points essentiels

  • Niveaux de negociation : interprofessionnel (MEDEF + syndicats nationaux), branche (secteur d'activite), entreprise (direction + delegues syndicaux). Le principe de faveur s'applique (sauf exceptions depuis les ordonnances Macron 2017)
  • Negociations obligatoires : dans les entreprises avec delegues syndicaux : NAO (Negociation Annuelle Obligatoire) sur les salaires, l'egalite H/F, la QVT ; negociation triennale sur la GPEC (> 300 salaries)
  • Syndicats representatifs : 5 syndicats nationaux (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC). Representativite mesuree aux elections professionnelles (seuil de 10% dans l'entreprise, 8% dans la branche)
  • Causes de conflits : remunerations (principales), conditions de travail, reorganisation, plan social, fermeture de site. La communication et le dialogue social en amont previennent les conflits
  • Resolution des conflits : negociation directe (prioritaire), mediation (tiers neutre propose une solution), conciliation (tiers aide a trouver un accord), arbitrage (tiers tranche). En dernier recours : justice (prud'hommes, TJ)
  • Impact des ordonnances Macron (2017) : fusion des instances representatives (CE + DP + CHSCT = CSE), primaute de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche (sauf exceptions), baremes d'indemnites prud'homales
  • Dialogue social et performance : un bon dialogue social reduit les conflits, ameliore le climat social, favorise l'adhesion au changement. Les entreprises avec un dialogue social de qualite sont plus performantes (etudes montrent un lien positif)
  • Evolutions recentes : baisse de la syndicalisation en France (environ 10%, plus bas d'Europe), montee des revendications individuelles, importance croissante de la QVT dans les negociations, impact du teletravail sur le dialogue social
Exemple — Cas pratique

Negociation annuelle dans une entreprise de distribution (500 salaries) : les syndicats demandent +3% d'augmentation generale. La direction propose +1,5% + prime individuelle. Apres 3 seances de negociation, accord sur +2% d'augmentation generale + prime de partage de la valeur de 500 EUR + 2 jours de teletravail/semaine. L'accord est signe par la CFDT et la CGT (majoritaires) et s'applique a tous les salaries.

Auto-evaluation
  1. Qu'est-ce qu'une convention collective et a quoi sert-elle ?
  2. Quelles sont les negociations obligatoires en entreprise ?
  3. Quels sont les modes de resolution des conflits sociaux ?
  4. Quel est l'impact des ordonnances Macron sur le dialogue social ?
Conseil examen

Les questions sur le dialogue social peuvent porter sur un cas de negociation ou de conflit. Montrez que vous connaissez les acteurs (syndicats, CSE), les niveaux (branche, entreprise) et les mecanismes (NAO, accord collectif). Analysez les enjeux pour chaque partie prenante et proposez des solutions equilibrees.

Theme 6 — Les choix strategiques de l'entreprise

Fiches 16 a 18. Diagnostic strategique, choix strategiques et financement de la croissance.

16

Le diagnostic strategique (interne et externe)

Concepts cles

Diagnostic strategique
Analyse approfondie de la situation de l'entreprise et de son environnement, prealable a toute decision strategique. Comprend un diagnostic interne (forces/faiblesses) et un diagnostic externe (opportunites/menaces).
Chaine de valeur (Porter)
Decomposition des activites de l'entreprise en activites principales (logistique, production, commercialisation, vente, services) et activites de soutien (infrastructure, RH, technologie, achats). Permet d'identifier les sources d'avantage concurrentiel.
Competences cles (Prahalad & Hamel)
Ensemble de savoirs et savoir-faire uniques qui differencient l'entreprise de ses concurrents et sont difficilement imitables. Ex : savoir-faire horloger de Rolex, algorithme de Google, design d'Apple.
Avantage concurrentiel
Element distinctif qui permet a l'entreprise de surpasser ses concurrents de maniere durable. Peut etre fonde sur les couts (faire moins cher) ou la differenciation (faire mieux/different).
Facteurs Cles de Succes (FCS)
Elements que l'entreprise doit maitriser pour reussir dans un secteur donne. Ex : dans la grande distribution, les FCS sont le prix, la logistique et le maillage territorial.

Points essentiels

  • Diagnostic interne : analyser les ressources (financieres, humaines, materielles, immaterielles) et les competences (savoir-faire, expertise, innovation). Identifier les forces (a exploiter) et faiblesses (a corriger)
  • Diagnostic externe : PESTEL (macro-environnement) + 5 forces de Porter (micro-environnement). Identifier les opportunites (a saisir) et menaces (a anticiper)
  • Matrice SWOT : synthese du diagnostic. Croise interne (Strengths/Weaknesses) et externe (Opportunities/Threats). Base de la formulation strategique. 4 strategies : SO (exploiter), WO (ameliorer), ST (defendre), WT (abandonner)
  • Benchmark (analyse concurrentielle) : comparer sa performance a celle des concurrents et des meilleurs du secteur. Criteres : CA, part de marche, prix, qualite, innovation, satisfaction client
  • Matrice BCG : classe les activites de l'entreprise en 4 categories selon la croissance du marche et la part de marche relative : Stars, Vaches a lait, Dilemmes, Poids morts. Guide l'allocation des ressources
  • Matrice McKinsey : alternative a la BCG, plus nuancee. Croise l'attractivite du marche (9 criteres) et la position concurrentielle de l'entreprise (9 criteres). Chaque activite est positionnee dans une grille 3x3
  • Veille strategique : surveillance permanente de l'environnement (concurrentielle, technologique, reglementaire, societale). Alimente le diagnostic et permet d'anticiper les evolutions
  • Diagnostic financier : analyser les ratios financiers (rentabilite, solvabilite, liquidite, structure financiere) pour evaluer la sante economique de l'entreprise et sa capacite a financer sa strategie
Exemple — Cas pratique

Diagnostic strategique de Michelin : Forces (innovation, reputation, presence mondiale), Faiblesses (couts de production eleves, dependance a l'automobile). Opportunites (mobilite electrique, marche asiatique, pneumatiques connectes), Menaces (concurrence chinoise low-cost, reglementation environnementale, baisse du marche automobile). Strategie adoptee : differenciation par l'innovation (pneu durable, services connectes).

Part de marche relative = Part de marche de l'entreprise / Part de marche du leader
Ratio de rentabilite economique (ROA) = Resultat net / Total actif
Ratio de rentabilite financiere (ROE) = Resultat net / Capitaux propres
Auto-evaluation
  1. Qu'est-ce que la chaine de valeur de Porter et a quoi sert-elle ?
  2. Comment construire une matrice SWOT ? Donnez un exemple.
  3. Quelles sont les 4 categories de la matrice BCG ?
  4. Qu'est-ce qu'une competence cle et pourquoi est-elle importante ?
Conseil examen

Le diagnostic strategique est LE sujet roi de la CEJM. Maitrisez PESTEL, Porter, SWOT et la chaine de valeur. A l'examen, structurez votre reponse : 1) Diagnostic externe (PESTEL + Porter), 2) Diagnostic interne (ressources, competences, chaine de valeur), 3) Synthese SWOT, 4) Recommandation strategique. Chaque element doit etre illustre par le dossier.

17

Les choix strategiques de l'entreprise

Concepts cles

Strategie de specialisation
L'entreprise concentre ses efforts sur un seul metier/activite. Avantages : expertise, economies d'echelle. Risques : dependance a un seul marche. Ex : Michelin (pneumatiques).
Strategie de diversification
L'entreprise developpe de nouvelles activites. Diversification liee (meme secteur, ex : Disney dans les parcs + films + streaming) ou non liee (conglomerat, ex : Bouygues dans le BTP + telecom + medias).
Strategie de domination par les couts
Produire a un cout inferieur aux concurrents pour offrir des prix plus bas ou degager des marges superieures. Levier : economies d'echelle, effet d'experience, optimisation des processus. Ex : Ryanair, Primark.
Strategie de differenciation
Proposer une offre percue comme unique par les clients (qualite, innovation, marque, service, design). Permet de pratiquer des prix premium. Ex : Apple, Nespresso, Dyson.
Strategie d'internationalisation
Developper l'activite a l'etranger. Modes d'entree : exportation, licence, franchise, joint-venture, filiale. Motivations : croissance, economies d'echelle, diversification des risques, acces aux ressources.
Integration verticale
L'entreprise integre des activites en amont (fournisseurs) ou en aval (distribution) de sa chaine de valeur. Ex : Zara integre la conception, la production et la distribution (integration verticale complete).

Points essentiels

  • Matrice d'Ansoff : 4 strategies de croissance selon le couple produit/marche : penetration (produit existant + marche existant), developpement produit (nouveau produit + marche existant), developpement marche (produit existant + nouveau marche), diversification (nouveau produit + nouveau marche)
  • Avantage concurrentiel (Porter) : 3 strategies generiques : domination par les couts, differenciation, focalisation (niche). L'entreprise doit choisir, sous peine d'etre 'enlisee dans la voie mediane'
  • Croissance interne vs externe : interne = developpement par ses propres moyens (investissement, R&D). Externe = acquisition ou fusion d'entreprises existantes. Croissance conjointe = partenariats, alliances
  • Fusions-acquisitions : horizontales (meme secteur, pour gagner des parts de marche), verticales (amont/aval, pour securiser la chaine), conglomerales (secteurs differents, pour diversifier). Risques : integration difficile, surcout, choc culturel
  • Alliances strategiques : cooperation entre entreprises concurrentes (coopetition) ou complementaires. Ex : Renault-Nissan (partage de plateformes), Airbus (consortium europeen)
  • Externalisation (outsourcing) : confier a un prestataire externe une activite non strategique. Avantages : cout, flexibilite, expertise. Risques : dependance, qualite, confidentialite
  • Strategie de niche (focalisation) : se concentrer sur un segment etroit du marche avec une offre tres specialisee. Avantages : expertise, fidelite client, faible concurrence. Limites : marche restreint, vulnérable si le segment disparait
  • Strategie ocean bleu (Kim & Mauborgne) : creer un espace de marche inexploit plutot que d'affronter la concurrence frontale (ocean rouge). Ex : Cirque du Soleil (spectacle + cirque), Nintendo Wii (jeu casual)
Exemple — Cas pratique

LVMH illustre la strategie de diversification liee : mode (Louis Vuitton, Dior), vins et spiritueux (Moet, Hennessy), montres et joaillerie (Bulgari, TAG Heuer), distribution selective (Sephora, Le Bon Marche), hotellerie (Cheval Blanc). Point commun : le luxe. Avantages : synergies de marque, partage de savoir-faire, repartition des risques. Croissance essentiellement externe (acquisitions).

Taux de croissance du CA = ((CA annee N - CA annee N-1) / CA annee N-1) x 100
Effet d'experience : doublement de la production cumulee = reduction de 20-30% du cout unitaire
Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 4 strategies de la matrice d'Ansoff ?
  2. Quelle difference entre domination par les couts et differenciation ?
  3. Citez 3 modes d'entree a l'international et leurs avantages/inconvenients.
  4. Qu'est-ce que la strategie ocean bleu ? Donnez un exemple.
Conseil examen

Les choix strategiques sont l'aboutissement du diagnostic. A l'examen, identifiez d'abord la strategie actuelle de l'entreprise (specialisation, diversification, internationalisation) puis analysez si elle est coherente avec le diagnostic SWOT. Proposez des recommandations en utilisant le vocabulaire strategique (matrice d'Ansoff, Porter, ocean bleu).

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Le financement et la croissance de l'entreprise

Concepts cles

Autofinancement
Capacite de l'entreprise a financer sa croissance par ses propres benefices (reserves, amortissements). Avantage : pas de dette ni de dilution du capital. Limite : montant souvent insuffisant pour les gros investissements.
Emprunt bancaire
Financement aupres d'une banque avec remboursement du capital + interets sur une duree definie. Avantage : ne dilue pas le capital. Inconvenient : cout des interets, garanties demandees, augmente l'endettement.
Augmentation de capital
Emission de nouvelles actions pour lever des fonds aupres d'investisseurs (actionnaires existants ou nouveaux). Avantage : pas de dette. Inconvenient : dilution du pouvoir des actionnaires existants.
Capital-risque (venture capital)
Investissement en fonds propres dans des entreprises jeunes et innovantes (start-ups) a fort potentiel de croissance. Les investisseurs apportent du capital et de l'accompagnement en echange d'une part du capital.
Crowdfunding (financement participatif)
Collecte de fonds aupres du grand public via des plateformes en ligne (KissKissBankBank, Ulule, Kickstarter). 3 formes : don, pret (crowdlending), investissement en capital (equity crowdfunding).
Capacite d'Autofinancement (CAF)
Flux de tresorerie potentiel genere par l'activite de l'entreprise. CAF = Resultat net + Dotations aux amortissements et provisions - Reprises. Mesure la capacite a financer les investissements sans recourir a l'emprunt.

Points essentiels

  • Cycle de financement d'une start-up : Love money (proches) → Business angels → Capital-risque (seed, serie A, B, C) → Introduction en bourse (IPO). A chaque etape, l'entreprise grandit et ses besoins en capital augmentent
  • Les 3 sources de financement : autofinancement (interne), financement par fonds propres (augmentation de capital), financement par dette (emprunt). L'equilibre entre fonds propres et dette determine la structure financiere
  • Effet de levier financier : emprunter a un taux inferieur a la rentabilite economique augmente la rentabilite financiere pour les actionnaires. Mais augmente aussi le risque en cas de retournement
  • Investissements : investissement materiel (machines, locaux), immateriel (R&D, brevet, logiciel), financier (acquisition de participations). Amortis sur leur duree d'utilisation
  • Plan de financement : document previsionnel qui recense les besoins de financement (investissements, BFR, remboursements) et les ressources (CAF, emprunts, augmentation de capital) sur 3 a 5 ans
  • BFR (Besoin en Fonds de Roulement) : decalage entre les encaissements (delais clients) et les decaissements (delais fournisseurs). BFR positif = besoin de tresorerie a financer. Enjeu majeur pour les entreprises en croissance
  • Aides publiques : subventions (BPI France), prets bonifies, credit d'impot recherche (CIR), exonerations fiscales (ZFU), garanties de prets. Completent les financements prives
  • Introduction en bourse (IPO) : admission des actions de l'entreprise sur un marche boursier. Permet de lever des fonds importants et d'offrir de la liquidite aux actionnaires. Contrainte : transparence, reporting trimestriel, pression des marches
Exemple — Cas pratique

BlaBlaCar (start-up francaise de covoiturage) : financement initial par love money et business angels (2006), puis levees de fonds successives : Serie A (10 M EUR), Serie B (100 M EUR), Serie C (200 M EUR aupres de fonds americains). Total leve : +600 M EUR. Valorisation estimee : 2 Mds EUR. L'entreprise n'est pas encore rentable mais investit dans l'expansion internationale et les bus.

CAF = Resultat net + Dotations aux amortissements - Reprises sur amortissements
Effet de levier = Rentabilite financiere - Rentabilite economique
BFR = Stocks + Creances clients - Dettes fournisseurs
Ratio d'endettement = Dettes financieres / Capitaux propres
Capacite de remboursement = Dettes financieres / CAF (doit etre < 3-4 ans)
Auto-evaluation
  1. Quelles sont les 3 grandes sources de financement de l'entreprise ?
  2. Qu'est-ce que l'effet de levier financier et quels sont ses risques ?
  3. Decrivez le cycle de financement d'une start-up.
  4. Comment calculer le BFR et pourquoi est-il important ?
Conseil examen

Les questions de financement peuvent paraitre techniques mais reposent sur des concepts simples. Retenez les formules cles (CAF, BFR, ratio d'endettement) et les avantages/inconvenients de chaque source de financement. A l'examen, justifiez toujours le choix de financement en fonction de la situation de l'entreprise (taille, stade de developpement, rentabilite, endettement).

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